Cinéma amateur/ Les supports et les formats

Les tentatives ont été nombreuses depuis l’apparition du cinéma en 1895 pour proposer aux amateurs des systèmes de prises de vues faciles à utiliser. Cependant aucun ne réussira à s’implanter durablement. Il faudra attendre 1923 et le succès du format 9,5mm inventé par les établissements Pathé pour que le cinéma amateur se développe en France d’abord, puis rapidement en Europe.

28mm

En 1912, Pathé lance le Pathé Kok qui utilise du film de 28mm de large (c’est également le premier film inflammable; il s’agit du premier matériel complet caméra pour filmer avec un film ininflammable) pour l’amateur commercialisé en 1913 aux Etats-unis, sous le nom de Pathéscope. Mais jugé trop onéreux, il disparaît avec l’avènement du 16mm et du 9, mm.

17,5mm

Ce format a été créé en 1898 par l’anglais Birt Acres ; c’est le premier format de petit format. L’appareil appelé Birtac utilise un film de format 17,5mm à perforations latérales. Ce format disparaît peu à peu avec l’avènement du 16mm, et disparaît en 1941.

16mm

Commercialisé par Kodak (Etats-unis) en 1923, mais projeté dès 1914, le 16mm est considéré au départ comme un format pour amateur fortuné. Le 16mm est le plus coûteux des formats amateurs et correspond une qualité d’image très poussée en satisfaisant l’amateur exigeant. Puis il est devenu un format semi professionnel et professionnel. Il est encore en vente. Il est la moitié du format 35mm et est sur un support acétate et non nitrate.

Le 16mm a été pendant longtemps le format utilisé par les professionnels de la télévision avant l’arrivée des caméras vidéos (du fait de la très belle qualité de l’image). Une piste son peut être placée sur le côté de l’image en général du son optique qui apparaît sur le 16mm en 1930. La couleur apparaît dans le 16mm en 1928. Avec le 16mm, c’est l’emploi du film ininflammable.

Super 16

On garde le même film que pour le 16mm, mais on supprime une des rangées de perforations ce qui permet d’obtenir une image plus large. Créé en 1970, il est surtout utilisé par les professionnels puisqu’il peut faire l’objet d’un gonflage en 35mm.

11mm

Avec deux perforations rondes de chaque côté, le 11 mm sera commercialisé en 1915-1916 pour le Duplex de G.J Bradley

9,5mm

Le format 9,5mm est un film de largueur 9,5mm avec une perforation centrale; c’est le précurseur des formats de cinéma d’amateur. Il est le support du développement du film amateur pendant les années cinquante. Son film possède de nombreux avantages ; perforations centrales, perte réduite d’image… L’image du 9,5mm est à peu près identique à celle du 16mmm. La pellicule est également inversible et ininflammable.

En 1922, Pathé lance le projecteur Pathé Baby et en 1923, la caméra Pathé Baby. Mais dès 1920, Charles Pathé a l’idée d’un matériel familial de cinéma chez soi.  Le but n’est alors que de diffuser les productions professionnelles de Pathé et celui-ci dépose un brevet. Pathé désire ouvrir un nouveau marché de diffusion de son catalogue de films pour promouvoir l’expérience du Pathé Kock (28mm largueur de la pellicule, lancé en 1913).

La conception et la réalisation de ce matériel de format réduit sont confiées aux établissements Continsouza ; il perfectionne le Pathé Baby. A la Noël 1922, un premier projecteur est lancé sous le nom de cinématographe jouet (brevet déposé en octobre 1921) et un catalogue de 100 films d’édition Pathé sont proposés à la vente. L’achat ou la location du projecteur est possible. Le film est contenu à l’origine dans une cartouche de 9 mètres seulement. Puis la caméra apparaît et est utilisée par les amateurs ; Continsouza conçoit une caméra Pathé Baby à entraînement à main et chargeur de 8,5 mètres de film inversible (brevetée en 1922 et mise en vente au début avril 1923.)

Le succès de ce format est même européen puisqu’on l’importe en Angleterre, en Allemagne et en Autriche. En 1927, Pathé et Eastman s’unissent et créé Kodak Pathé et distribuent le film vierge.

Les avantages de ce format sont les suivants ; films inversible noir et blanc et couleurs, sonorisation, magnétique, tirage de copies noir et blanc et couleur, projection possible sur grand écran.

8mm et double 8

Lancé par Kodak en 1932 aux Etats-unis (où le produit s’implante facilement, en France le 9,5mm reste à la mode) ; après la crise de 1929, le 16mm étant devenu trop coûteux pour les amateurs et Kodak désire développer un cinéma à la portée d’un plus grand nombre et obtenir un énorme marché, le 8mm, peu coûteux, possède des caractéristiques intéressantes : utilisation de caméras légères et petites La couleur apparaît sur le 8 mm en 1935.

Le double 8 est un 8mm ; il s’agit d’une pellicule 16mm avec une perforation supplémentaire, ; il est nécessaire de retourner cette bobine au milieu du temps de prise de vues ; , ensuite la bande de 16mm est séparée en 2 bandes de 8mm et collées bout à bout par le laboratoire de développement. La pellicule est inversible et ininflammable.

Super 8

Lancé en 1965 par Kodak, il est le dernier format amateur qui va disparaître avec l’avènement de la vidéo. Il est considéré comme une amélioration du 8mm, car la perforation est plus petite et la grandeur de l’image est voisine de celle du 9,5mm. La largueur effective de l’image est de 5,8mm et permet une utilisation de 63% de la surface du film, au lieu de 47% dans le format 8mm standard… Cependant on y trouve certains inconvénients, comme la faible qualité de l’image projetée, la longueur de la bobine trop courte (3minutes en 24 images secondes)

3mm

Format inventé en 1960, par Eric Brandt, il est le plus petit format et possède une perforation centrale.

Formats amateurs antérieurs :

  • en 1898, le 17,5mm de Birt Acres (Angleterre)
  • en 1898, le 17,5mm de Schmalfilm (Allemagne)
  • en 1899, le 13mm de J.-A. Prestwic (Angleterre)
  • en 1900, le 15mm, également appelé Chrono de poche, de Gaumont (France)
  • en 1902, le 11,5mm de Le Vitak (U.S.A.)
  • en 1905, le 17,5mm d’Ikonographe (Allemagne)
  • en 1912, le 22mm, également appelé Home kinetoscope, d’Edison (U.S.A.)
  • en 1912, le 28mm de Pathé Kodak (France)
  • en 1923, le 11,5mm de Duplex projector (U.S.A.).

1969/1996 – naissance de la vidéo domestique

Le marché de la vidéo domestique grand public apparaît dans les années 60 quand plusieurs constructeurs se lancent dans la conception et la commercialisation de magnétoscopes à cassettes, utilisant un système de codage analogique sur bande magnétique et destinés à une utilisation domestique. Au milieu des années 70, ce marché va être le théâtre d’une compétition technologique entre rois standards incompatibles : le V2000 de Philips, le Betamax de Sony  et le VHS de JVC la victoire de ce dernier format va permettre la commercialisation d’un format unique jusque les années 90.

Sources AD44/Kodak