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Regards inédits sur l’histoire et l’évolution du Montreuillois
Une voix, un patrimoine
Il s’agit d’une première série d’enregistrements réalisés cet été et qui préfigurent un travail de sauvegarde d’autres éléments du patrimoine : des témoignages, des savoir faire, des gestes, des lieux.
Les premiers enregistrements concernent l’architecture balnéaire, le tortillard, le jeu de quilles et la pêche. Chaque enregistrement n’est qu’une illustration du projet.
Cette action initiée par la Communauté d’Agglomération des 2 Baies en Montreuillois et Archipop permettra de mettre à jour un patrimoine singulier avec le concours des habitants, des collectivités et des associations.
Elle s’appuie sur un projet plus vaste de collecte, de sauvegarde et de valorisation des archives privées filmées sur l’ensemble du territoire.
Le tortillard
ROLAND HANQUIEZ
Roland Hanquiez habite Estréelles, un village où passait le tortillard, un train qui desservait la vallée de la Course à la vitesse maximum de… 28 km/h. Passionné d’histoire locale, Roland Hanquiez restitue avec tendresse l’histoire de ce TGV : Train à Grandes Vibrations qui transportait surtout des voyageurs mais qui, à la saison sucrière, remplissait ses wagons de betteraves.
Historique du Tortillard, par Delphine Maeyaert, Syndicat mixte du Montreuillois :
« Dans les années 1850, le centre du Pas-de-Calais est un désert ferroviaire. Le département n’est desservi que sur ses extrémités Est, Nord et Ouest.
Le Conseil Général du Pas-de-Calais et l’Etat encouragent le développement du réseau secondaire, les voies ferrées d’intérêt local permettant le transport des voyageurs et des produits agricoles. C’est dans ce contexte qu’un projet de ligne à voie métrique reliant Aire-sur-la-Lys à Berck voit le jour le 2 juin 1889.
La voie ferrée fut mise en service en plusieurs étapes de 1891 à 1896.
La ligne de Montreuil à Rimeux-Gournay emprunte la vallée de la Course, de l’Aa et des Baillons. La sinuosité de cette ligne a valu au train le surnom de « tortillard ». Il s’agissait d’une voie dite « métrique » car moins large qu’une voie normale. Elle permettait au train de monter plus facilement les pentes et de prendre des virages plus serrés. Cette seconde voie ferrée assurait le transport des marchandises, en particulier des betteraves et des silex, et des voyageurs. La sucrerie de Rang-du-Fliers disposait par exemple d’une bascule pour la pesée des betteraves à Rumilly.
Après la Seconde Guerre mondiale, la ligne survit encore une dizaine d’années, bénéficiant de l’arrivée de matériel provenant de voies ferrées d’intérêt local ayant arrêté leur exploitation. En 1952, il subsiste un aller-retour quotidien entre les deux terminus de la ligne. Malgré ces efforts de modernisation, le projet de mise à voie normale de la section Rang-du-Fliers – Berck-Plage, la concurrence des autocars, le déficit d’exploitation croissant eurent raison de la ligne dont le conseil général décida la fermeture en deux étapes, en 1954 et 1955. »